La crise… du gros Patapouf

Les temps sont incertains paraît-il. Et pour cause. Notre ami le gros patapouf ne se sent pas bien. Il ne peut plus faire ce qu’il veut. Il a beau accuser à tours de bras les agences de notation, les spéculateurs, Goldman Sachs, les patrons voyous, les parachutes dorés, la politique de l’Allemagne, les 35 heures, les années Mitterand, un constat nouveau s’impose: on ne peut plus dépenser plus.

C’est une véritable nouveauté, un peu comme Internet: depuis 1945 à nos jours les impôts divers sont apssés de 10% de la richesse nationale à 55% environ. ça a augmenté assez vite. ça s’est ralenti à partir de 1970: on a commencé à s’endetter quand la croissance a commencé à devenir molle (la fin des ‘Trente Glorieuses’ de Jean Fourastié, l’inventeur du terme). A partir de 1970 on s’endette, pour continuer à dépenser au même rythme que lorsque la croisance était celle d’un pays en développement. Vous allez peut-être penser comme moi: il y a un moment où on arrête de dépenser plus qu’on ne le peut? Et bien pas en France. Depuis 1970, jamais un budget de notre pays n’a été excédentaire. Avec un déficit à deux chiffres cette année, ça rajoute un bon coup à rembourser aux générations futures. Mais bon, puisqu’on vous dit qu’il fallait sauver les banques (avant même qu’elles soient en faillite en France, ce qui est intéressant)!

Bref, il y a un moment où ça s’arrête. Et c’est pour bientôt. Du moins Espérons-le. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je préfèrerai dépenser l’argent pour moi plutôt que de payer des dépenses stupides qui datent d’avant ma naissance. Alors oui, le gros patapouf est en crise. Il ne peut plus signer un papier pour demander plus d’argent (au nom de la solidarité) à sa population asservie. C’était pourtant si simple: on a besoin d’argent, donc on n’a qu’à créer un impôt sur un truc nouveau et ça comblera le trou. Facile la politique. Dans les derniers essais (comiques) en date, citons  le cas Google. Le cartel des éditeurs de contenu (musique, films, livres) en France ne sont pas content: taxons Google. ça  a bien fait rire les journaux étrangers, et sans doute Google aussi. Vous imaginez les avocats en Californie voyant ce petit pays à l’extrémité d’un continent demander un taxe sur le chiffre d’affaire? Waarf.

Dans le style ça-fait-bien-mais-ça-sert-a-rien, la taxe exceptionnelle sur les bonus. Etant moi même dans la finance, je conanis bien le problème. Si on taxe subitemment vachement pklus les bonus, deux options se présentent à l’employeur: changer de pays (pas mal de fonds de Londres l’envisagent, pour le plus grand bonheur des genevois déjà bien lotis en la matière), ou payer plus en salaire et moins en bonus. Cette deuxième option est déjà retenue par les cabinets d’avocats qui conseillent les banques (la solution concrète a été trouvée dès le lendemain de l’émission de l’idée de la loi par Mme Lagarde, dixit un ami à moi). Donc là aussi, ça ne sert à rien.

L’arlésienne de la taxe Tobin est également amusante: puisqu’on ne peut plus rien taxer sans faire râler, on n’a qu’à prendre un mini-bout du seul truc qui nous échappe totalement et qui est vachement gros: les capitaux. Clairement la fausse bonne idée. Même le-dit Tobin a jugé que finalement c’était une mauvaise idée: ça créerait des distortion des échanges (en clair les petites entreprises auraient encore plus de mal à trouver des investisseurs chez eux), sans compter le fait que ça ferait fuir gravemement les investisseurs dans le pays qui l’appliquerait.

Il n’y a vraiement pas de solution? Si. Elle est simple, et toute bête: on ne dépense pas plus que ce que l’on a. Et on investi que dans ce qui en vaut la peine. Comme une entreprise. Et là le gros patapouf, obèse, commencera par prendre conscience qu’il a un problème d’addiction. Ce qui sera déjà la moitié du chemin. Ensuite il faudra faire un régime long et pénible, faire des efforts, et accepter de regarder la réalité en face, et garder les yeux en face des trous…

A propos lesyeuxenfacedestrous

Diplomé de l'ESSEC et titulaire d'un Master d'économie. Je souhaite informer le mieux possible.
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Une réponse à La crise… du gros Patapouf

  1. Pierre Michon dit :

    Bon article et plaisant à lire.
    Vous pourriez venir faire un tour sur Le Réseau Liberté< </a et donner votre point de vue.
    Cordialement

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