L’€uro, bouclier anti-responsabilité?

L’Europe, vaste territoire bouillonnant il y a quelques siècles. Aujourd’hui, un petit bout de continent très découpé, où il y a presque une langue différente tout les 200 kilomètres. Dans ce concert désuni, les ‘Etats-Unis d’Europe’ de Victor Hugo ou de Saint-Simon ne sont pas près de voir le jour. Et pourtant, non pas que la montagne soit belle à escalader, mais cela semble assez logique d’y parvenir. Quitte à adopter une langue commune (l’anglais, évidemment), et hérisser les cheveux de nombreux de nos citoyens. Mais aussi bâtir un vrai gouvernement Européen, pas des accords issus de tractations basées sur des consensus mous, et avoir enfin un seul numéro de téléphone.

On n’y est pas, mais on a l’Euro. Monnaie qui signifie quelque chose. Pour ma part, je suis allé en Inde. Quand on me demandait d’où je venais, je disais ‘la France’. Souvent on me demandait ‘Dollar?’. Et je répondais ‘Euro!’. A ce moment un signe montrait que l’Euro, ils connaissaient (la France non, sauf ceux qui aimaient le football, rares dans cette patrie du cricket).  Bref, l’Euro, ça marche, ça évite les multiples problèmes de dévaluation, d’attaques spéculatives, et surtout ça empêche les gouvernements d’être tentés d’émettre de nouveaux billets pour payer les dépenses courantes lors des moments difficiles, comme ceux que nous traversons. Sur ce dernier point, la recherche économique a montré très clairement qu’il ne s’agissait pas d’une bonne idée, et que ça conduisait directement à la catastrophe: l’inflation, sans aucun autre bénéfice, et même à l’aggravation du chômage, dans nos pays au marché du travail tout sauf flexible. Voir Milton Friedman sur cette question pour les curieux.

Donc l’euro nous évite les pépins classiques des gouvernements irresponsables, comme cet ancien président de l’Argentine qui disait « qu’il n’y avait rien d’aussi élastique que l’économie » (cité par JF Revel dans ‘La Grande Parade’). C’est donc très bien. Et l’orthodoxie allemande qui préside à nos destinées via le sympathique Trichet, à qui l’on ne reprochera pas d’avoir un nom suspect, a le mérite de ne pas nous faire sortir de ces rails. Et pourtant. Pourtant il y a quelque chose de pourri au Royaume de Bruxelles. Une sorte de mécanisme foireux. Les avantages de l’euro que l’on vient de voir conduisent à un prix de l’emprunt moins cher. ça les gouvernements l’ont bien compris. Un peu comme les enfants gâtés qui obtiennent ce qu’ils veulent en braillant. Du coup, tous les pays ont empruntés pas cher, pour financer des politiques plus ou moins productives (selon les cas). Les critères de Maastricht se retrouvent à la place du Grand Méchant Loup de ce même braillard: on n’en a pas trop peur, et on n’hésite pas à pousser sa maman à bout. Et bien justement, on en voit le bout. Patatras. Les investisseurs deviennent méfiants. Voici la liste des pays européens les plus endettés (classement dans le monde sur 200 pays, en % du PIB, source CIA, disponible sur http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_public_debt):

Rank Country  % of GDP[1] Date
7  Italy 115.20 2009 est.
8  Greece 113.40 2009 est.
10  Belgium 99.00 2009 est.
15  France 79.70 2009 est.
16  Hungary 78.00 2009 est.
18  Germany 77.20 2009 est.
19  Portugal 75.20 2009 est.
22  United Kingdom 68.50 2009 est.
25  Austria 66.50 2009 est.
27  Ireland 63.70 2009 est.
28  Netherlands 62.20 2009 est.

 Donc les 60% et les 3%, ça ne concerne pas grand monde finalement. L’€uro est devenu durant la première décennie de sa création un super moyen d’avoir de l’argent pas cher pour faire plaisir à ses électeurs, avec personne pour dire si c’est vraiment grave. Sauf ceux qui prêtent: les marchés. Alors jeter ‘les spéculateurs’ à la vindicte populaire comme le font les gouvernements, c’est l’hôpital qui se fout la charité, ni plus, ni moins. Le Patapouf va devoir faire une cure d’amaigrissement. Et il aime pas ça!

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La Russie ou les Russies?

L’URSS n’est plus. Une ‘grosse puissance’ est morte. Elle s’est éparpillée en plein de pays, c’est une dislocation. Et bien non. Non il ne s’agit pas d’une dislocation. Du moins pas aussi grave que ce qui aurait pu (du?) se passer. D’abord le pays garde un autoritarisme pour coiffer la cocotte minute, ensuite les disparités ne manquent pas, donc l’avenir de la Russie sera vraisemblablement celui des Russies.

Le premier point, l’autoritarisme. Le parti de Messieurs Poutine et Mevedev s’appelle ‘Russie Unie’. Déjà tout est dit: ce parti  a pour vocation de maintenir l’unité d’un pays (et sans doute une cause perdue). Quand ce n’est pas un scandale sur les assassinats des défenseurs des droits les plus élémentaires, ou sur les sévices dans l’armée, sur les agissements abscons des services secrets c’est l’élimination des chefs de partis politiques opposants qui font parler d’elle. Ces 10 dernières années, la Russie n’a pas fait de progrès. Cette ‘fédération’ d’après sa constitution, semble s’être plus inspirée d’Arès que d’Aphrodite. Le meilleur exemple en est la Tchétchénie. Légalement un membre de cette aimable nation peut demander la séparation, toujours selon la constitution russe. C’est ce qui a été tenté en Tchétchénie. Finalement le pouvoir moscovite a dit ‘NIET’ et a bombardé tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à des opposants, faisant de Grozny un tas de bitume fumant. Le sympathique président de la République peu glorieuse de Tchétchénie Kadyrov se targue d’ailleurs de torturer personnellement ses opposants, avec la bénédiction du Kremlin. Il faut dire que la démocratie à Moscou fonctionne aussi bien que les Kolkhozes de la grande époque. Donc difficile de donner l’exemple. Si le pouvoir avait accepté la requête de cette petite république du Caucase, d’autres auraient suivies, et pas qu’une…

C’est le second point de notre analyse. Le caucase, ce sont pleins de républiques bananières: l’Ingouchie, la Kabardino-Balkarie, le Daguestan, l’Ossétie du Nord, autant de peuples opprimés, qui ont le plus haut taux d’armement en % de PIB du monde. C’est dire si la région est explosive. Et ce n’est pas nouveau. Stalline avait jugé bon de déplacer les Tatares. Un peuple du Tatarstan (milieu au sud du pays) pour qu’ils évitent de trop réclamer quoi que ce soit. Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. Dans le même genre, la Kalmoukie, tout au Sud-Ouest de la Russie. Une drôle de région, située en Europe, mais bouddhiste (si si). Une réminiscence des invasions mongoles, où les échecs (le jeu avec une dame et un roi, pas la mise en place de la démocratie) sont le sport national (et la capitale mondiale de ce sport cérébral). il y a donc potentiellement un état bouddhiste en Europe, qui n’a rien à voir avec le reste de la Russie. Lors de l’été 2009, des manifestations ont également eut lieu dans l’extrême Orient russe, pour demander leur rattachement au Japon, et il ne s’agit pas seulement des îles Sakhalines. Qu’on pense aussi à l’enclave Russe de Kaliningrad, coincée au milieu de l’Europe de l’Est, qui ne doit son attachement au pays géant qu’en raison du pétrole et gaz naturel qu’il possède. Donc, l’URSS s’est disloquée, oui, mais pas tant que ça. Un pays vide, à coté d’un pays plein. Quel avenir? Les chinois traversent en masse le fleuve Amour, repeuplant ces steppes laissées à l’abandon. A quand des revendications nationalistes? Sans doute dans quelques décennies.

Si la Russie continue de s’arc bouter bêtement sur ce qui peut encore se préserver, sans se transformer, l’inévitable se produira: la Russie va de nouveau exploser en petits morceaux. Avec sans doute une Russie européenne, et pleins d’amis pour les Arménie, Azerbaïdjan et autre Géorgie pour traiter d’égal à égal. Cela se produira sans doute lors de la prochaine phase de démocratisation de la Russie. On comprend pourquoi certains y sont réticents: la dernière fois qu’ils ont essayé, le pays s’est réduit comme une peau de chagrin. D’ailleurs, les fers de lance de la théorie en vogue en Russie, une sorte de néo-nationalisme (pour ne pas dire fascisme) dont Natalia Narotchnitskaïa est l’une des éminences, ont le vent en poupe. La ‘Grande Russie’, n ‘est pas une nouveauté. Les ‘Grande Hongrie’, ‘Grande Serbie’ et autres ‘Grande Bananerie’ ont souvent été essayées. Jamais perdurées.

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La crise… du gros Patapouf

Les temps sont incertains paraît-il. Et pour cause. Notre ami le gros patapouf ne se sent pas bien. Il ne peut plus faire ce qu’il veut. Il a beau accuser à tours de bras les agences de notation, les spéculateurs, Goldman Sachs, les patrons voyous, les parachutes dorés, la politique de l’Allemagne, les 35 heures, les années Mitterand, un constat nouveau s’impose: on ne peut plus dépenser plus.

C’est une véritable nouveauté, un peu comme Internet: depuis 1945 à nos jours les impôts divers sont apssés de 10% de la richesse nationale à 55% environ. ça a augmenté assez vite. ça s’est ralenti à partir de 1970: on a commencé à s’endetter quand la croissance a commencé à devenir molle (la fin des ‘Trente Glorieuses’ de Jean Fourastié, l’inventeur du terme). A partir de 1970 on s’endette, pour continuer à dépenser au même rythme que lorsque la croisance était celle d’un pays en développement. Vous allez peut-être penser comme moi: il y a un moment où on arrête de dépenser plus qu’on ne le peut? Et bien pas en France. Depuis 1970, jamais un budget de notre pays n’a été excédentaire. Avec un déficit à deux chiffres cette année, ça rajoute un bon coup à rembourser aux générations futures. Mais bon, puisqu’on vous dit qu’il fallait sauver les banques (avant même qu’elles soient en faillite en France, ce qui est intéressant)!

Bref, il y a un moment où ça s’arrête. Et c’est pour bientôt. Du moins Espérons-le. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je préfèrerai dépenser l’argent pour moi plutôt que de payer des dépenses stupides qui datent d’avant ma naissance. Alors oui, le gros patapouf est en crise. Il ne peut plus signer un papier pour demander plus d’argent (au nom de la solidarité) à sa population asservie. C’était pourtant si simple: on a besoin d’argent, donc on n’a qu’à créer un impôt sur un truc nouveau et ça comblera le trou. Facile la politique. Dans les derniers essais (comiques) en date, citons  le cas Google. Le cartel des éditeurs de contenu (musique, films, livres) en France ne sont pas content: taxons Google. ça  a bien fait rire les journaux étrangers, et sans doute Google aussi. Vous imaginez les avocats en Californie voyant ce petit pays à l’extrémité d’un continent demander un taxe sur le chiffre d’affaire? Waarf.

Dans le style ça-fait-bien-mais-ça-sert-a-rien, la taxe exceptionnelle sur les bonus. Etant moi même dans la finance, je conanis bien le problème. Si on taxe subitemment vachement pklus les bonus, deux options se présentent à l’employeur: changer de pays (pas mal de fonds de Londres l’envisagent, pour le plus grand bonheur des genevois déjà bien lotis en la matière), ou payer plus en salaire et moins en bonus. Cette deuxième option est déjà retenue par les cabinets d’avocats qui conseillent les banques (la solution concrète a été trouvée dès le lendemain de l’émission de l’idée de la loi par Mme Lagarde, dixit un ami à moi). Donc là aussi, ça ne sert à rien.

L’arlésienne de la taxe Tobin est également amusante: puisqu’on ne peut plus rien taxer sans faire râler, on n’a qu’à prendre un mini-bout du seul truc qui nous échappe totalement et qui est vachement gros: les capitaux. Clairement la fausse bonne idée. Même le-dit Tobin a jugé que finalement c’était une mauvaise idée: ça créerait des distortion des échanges (en clair les petites entreprises auraient encore plus de mal à trouver des investisseurs chez eux), sans compter le fait que ça ferait fuir gravemement les investisseurs dans le pays qui l’appliquerait.

Il n’y a vraiement pas de solution? Si. Elle est simple, et toute bête: on ne dépense pas plus que ce que l’on a. Et on investi que dans ce qui en vaut la peine. Comme une entreprise. Et là le gros patapouf, obèse, commencera par prendre conscience qu’il a un problème d’addiction. Ce qui sera déjà la moitié du chemin. Ensuite il faudra faire un régime long et pénible, faire des efforts, et accepter de regarder la réalité en face, et garder les yeux en face des trous…

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